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| PROGRAMME MONITORING - Rapport d'évaluation rapide - Bouaké |
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Les enquêteurs ont, surtout au début, été confrontés à quelques difficultés d’interprétation des questions. De plus, quelques difficultés de compréhension au cours des entretiens lié à la langue se sont parfois posées, bien que ce facteur ait été pris en compte lors de la constitution des équipes. L’organisation interne des équipes en fonction de la répartition sociodémographique des localités et la faculté de certains enquêteurs à parler plusieurs langues, ont permis de résoudre ces difficultés ponctuelles.
Le découpage administratif change souvent et l’arrivée de nouvelles autorités administratives a pu affecter la programmation des activités d’Evaluation Rapide. Enfin, l’adaptation du système de gestion de base de données a également imposé quelques contraintes d’ordre technique.
En bref, des contraintes sont apparues telles que :
- difficultés de langues et d’interprétation des questions ;
- la rétention/restriction de l’information ;
- l’attitude passive et/ou spéculative dans la perspective d’une assistance matérielle ;
- l’absentéisme des personnes à interviewer ;
- la non accessibilité à certains endroits (insécurité, contraintes logistiques, etc.), ce qui explique que les enquêteurs ont, dans un premier temps, concentré leurs visites surtout aux localités se trouvant le long de la voie bitumé entre Guiglo et Bloléquin ;
- un délai de familiarisation des utilisateurs avec l’application a été nécessaire, ce qui a imposé un « nettoyage » de la base de données préalable aux analyses.
Toutefois, les enquêteurs, forts de leurs expériences de terrain et surtout grâce aux outils mis à leur disposition (formations diverses et guide d’entretien), ont pu surmonter ces défis. |
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GEOGRAPHIE ET SOCIOECONOMIE
Chef lieu de la région de la Vallée du Bandama, Bouaké est aussi un département qui comprend 6 sous préfectures : Bouaké(certains villages sont rattachés à la sous préfecture de Bouaké), Brobo, Djebonoua, Languibonou, Diabo et Botro.
La ville de Bouaké est située à 349 km au nord d’Abidjan, la capitale économique, et à 105 km de Yamoussoukro, la capitale politique. Elle se trouve au centre du pays et bénéficie d’un réseau routier très accessible, débouchant aisément sur les pays limitrophes.
Avant la crise, tous les services étatiques et para étatiques étaient représentés à Bouaké. Ils avaient à leur tête de hauts cadres de l’administration. Dans le secteur privé, on remarquait le fonctionnement de plusieurs grandes usines ainsi que de nombreux services. La situation géographique faisait de cette localité un pôle d’échanges économiques important. Ces échanges économiques se faisaient à deux niveaux (inter urbains et inter états). Ceux ci connaitront un essor rapide avec la construction du marché de gros qui a fait de Bouaké un centre de commerce important de la sous région. Ce marché était destiné à favoriser les transactions commerciales entre grossistes venant de tous les horizons.
Malheureusement cette ascension connaitra un ralentissement à l’aube des années 2000. La ville a souffert des difficultés économiques qui ont ébranlé le pays à travers la baisse du prix des matières agricoles. A ceci s’ajouteront plusieurs cas d’incendies du marché principal. Dès lors, Bouaké n’a pu atteindre son niveau de développement économique qui la caractérisait jusqu’au déclenchement de la crise militaro politique le 19 septembre 2002.
Outre les sous préfectures de Bouaké (ville et périphérie), Diabo et Botro ont fait l’objet de l’Evaluation Rapide du projet Monitoring de NRC.
Elles sont situées sur l’axe de Bouaké–Mankono, dans la partie ouest du département de Bouaké, respectivement à vingt et quarante kilomètres de Bouaké. Elles sont traversées par une voie nationale bitumée rendant l’accès facile à ces deux villes.
CONTEXTE SOCIODEMOGRAPHIQUE
Avant le déclenchement de la crise, la population de la ville de Bouaké était estimée à 461 618 habitants1. Cette population, constituée à plus de 60% d’allochtones et d’allogènes (majoritairement originaires des pays limitrophes du Nord de la Côte d’Ivoire), était répartie entre une quinzaine de quartiers de la ville de Bouaké.
Grâce à sa situation géographique et ses potentialités économiques favorables aux échanges, Bouaké s’était retrouvée dans les conditions d’une ville cosmopolite. Ceci favorisa les interpénétrations raciales ou ethniques à partir desquelles ont été scellées de simples unions ou mariages entre différents peuples. En dépit de ces brassages entre les différentes communautés, on décelait tout de même des tendances propres à certains quartiers. Certains groupes sociaux se retrouvaient de façon majoritaire dans des quartiers de la ville par rapport à d’autres.
Des quartiers comme Sokoura, Djamourou, Kôkô, Dar es Salam Tollakouadiokro, Olienou, Tchèlèkro étaient majoritairement peuplés d’allochtones originaires du nord et d’allogènes issus des pays voisins du nord (Burkina, Mali, Niger) et de la Guinée Conakry. Par contre dans les autres quartiers, la tendance était plus ou moins à l’équilibre entre les différents groupes sociaux.
S’agissant des sous préfectures du département de Bouaké, une étude démographique réalisée en 2007 par UNICEF2 et les districts sanitaires de Bouaké a permis de dénombrer 37 villages dans la sous préfecture de Diabo pour une population totale de 11 428 habitants ; la ville (la zone urbaine) comptait 6 649 habitants. A Botro ce sont 19 villages qui ont été dénombrés pour une population estimée à 18 866. La zone urbaine à elle seule comptait 12 072 habitants.
La principale langue parlée dans ces villes est le baoulé qui est en même temps le distinctif du groupe social autochtone. La distinction réside dans le fait que les autochtones de Diabo sont appelés les « Baoulés Gblo », et ceux de Botro, «Baoulés Satiklan ».
Les caractéristiques principales de ces sous préfectures sont les suivantes:
- Zone rurale et agricole, dont les populations ne vivent essentiellement que de la culture (igname, manioc, anacarde).
- Affectées durant la crise par l’afflux de la population de la ville de Bouaké.
- Les populations de ces localités ont elles aussi été contraintes de fuir leur lieux d’habitations.
1 Données extraites du Recensement Général de la Population et de l’habitat de 1998 ; RGPH
2 Microplanification des aires sanitaires, UNICEF 2007
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BREF HISTORIQUE DE LA CRISE
Le 19 septembre 2002, un coup d’état avorté a abouti à une guerre civile. Les combats intenses qui ont suivi ont permis aux forces armées du Mouvement Patriotique de Côte d’Ivoire de contrôler une grande partie du centre ainsi que le nord du pays. Les efforts de paix engagés n’ont pas empêché le flux de déplacement. Le mouvement de déplacement de personnes qui s’est fait sentir dans la ville dès le lendemain de la crise, s’est véritablement accentué à partir du 07 octobre 2002, « le lundi noir ». En effet, l’échec de la tentative de reprise de la ville de Bouaké par l’armée Gouvernementale a abouti à un affrontement intercommunautaire. La situation sécuritaire inquiétante va conduire de nombreuses autres personnes à quitter la ville de Bouaké pour d’autres villes plus sécurisées. Ces personnes ont trouvé refuge pour la plupart d’entre elles dans des villes comme Mbahiakro, Yamoussoukro et Abidjan.
Trois accords de paix négociés entre 2003 et 2004 n’ont pas apporté le succès escompté. En novembre 2004 les avions de guerre des forces Gouvernementales ont bombardé la ville de Bouaké tenue par les forces armées en opposition lors d’une opération visant à reprendre le contrôle du Nord du pays. On a assisté également à un départ massif des populations qui jusque-là n’avaient pas encore quitté la ville.
Le mouvement de déplacement de personnes qui s’est fait sentir dans la ville dès le lendemain des bombardements a eu un impact considérable sur la situation démographique ainsi que sur la situation humanitaire des sous préfectures du département, notamment celles de Diabo et Botro.
Parce que traversées par une route nationale, ces localités ont été des zones de transit pour les populations qui ont quitté Bouaké. Elles ont été des localités d’accueil pour beaucoup de déplacés internes de la zone du centre de la Côte d’Ivoire. Cette situation a créé des besoins supplémentaires et a accru la vulnérabilité des populations d’accueil.
Depuis Mars 2007, le gouvernement de la Côte d’Ivoire et les Forces Nouvelles ont signé un accord de paix réaffirmant la nécessité d’apporter la paix et la stabilité au pays. Cet accord, désigné Accord Politique de Ouagadougou, a été signé sous les auspices de la Communauté Economique Des Etats de L’Afrique de L’Ouest en Mars 2007. L’espoir de paix ainsi suscité a créé une situation d’accalmie. Depuis lors, on assiste dans ces localités au retour des PDIs et, petit à petit, à la normalisation de la vie sociale.
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Les données présentées dans ces rapports expriment l’appréciation des différents thèmes abordés tels qu’ils sont perçus par les
populations interrogées dans les localités visitées. Pour plus d'informations sur la méthodologie appliquée, télécharger le concept note. |
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